Autour de nous

A Taurines
Nicolas Sanhes expose  au Château de Taurines 
«Artificielle apesanteur »
un ensemble de 60 peintures et de 8 sculptures de moyen format
 
du 22 juin au 22 septembre 2024
 
Château de Taurines 2002 route de Taurines 12120 Centrès, 35 minutes du musée Soulages à Rodez.
 
Edition d’un catalogue 102 pages : Textes de Yves Michaud, Benoit Decron, Jean Colrat.
 
Rappelons que le parc de Bassinet accueille 2 sculptures de jeunesse de Nicolas Sanhes

Nicolas Sanhes au chateau de Taurines

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A Rodez

Au musée Soulages à Rodez

du 22 juin au 3 novembre 2024

Lucio Fontana
UN FUTURO C’È STATO. IL Y A BIEN EU UN FUTUR. 

«  Un historien d’art italien affirmait qu’il y avait trois artistes incontournables au vingtième siècle dans son pays, des pères fondateurs en quelque sorte : Amedeo Modigliani, Giorgio de Chirico et Lucio Fontana.

L’exposition Lucio Fontana. Il y a bien eu un futur – Un Futuro c’è stato est née d’une conversation en 2020 avec Pierre Soulages : nous avions comparé les œuvres de ces artistes bien différents et pour autant liés par un rapport poignant, étroit, entre le temps et l’espace. Pierre Soulages a rencontré Lucio Fontana dont il admirait la singularité. Aux côtés de Joan MiróFernand Léger, Yves Klein, Lucio Fontana est un artiste, plus sculpteur que peintre sans doute, que Soulages voyait bien un jour exposé dans son musée. Un idéaliste.

Il n’y a pas eu d’exposition importante sur Fontana en France depuis les rétrospectives du Musée national d’art moderne Centre Pompidou en 1987 et du Musée d’art moderne de la Ville de Paris en 2014. Celle de Rodez est conforme à notre mission de présentation de grands noms de l’art moderne : elle proposera un voyage dans l’ensemble de l’œuvre de Fontana, avant et après la Guerre, en Argentine et en Italie, une évocation de sa variété créatrice : peintures, papiers, sculptures, céramiques et installations lumineuses et spatiales. Le public découvrira au-delà des Concetti Spaziali (les concepts spatiaux), avec les Attese (les fentes) et les Buchi (les trous), un artiste figuratif et informel, un homme classique et futuriste…

L’exposition sera l’occasion de présenter dans la salle d’exposition temporaire deux Ambienti spaziali : celle aux néons aux lignes incurvées, les arabesques de la IX° Triennale de Milan de 1951 – reconstituée spécialement pour l’exposition – et celle de la Galleria del Deposito de Genève, 1967 (musée d’art contemporain de Lyon). En 1951, à Milan, Fontana travaillait en collaboration avec son ami l’architecte Luciano Baldessari et son collaborateur Marcello Grisotti : le néon voyait le jour, un médium issu de l’industrie, une source de lumière agissant émotionnellement sur le spectateur dans un espace autre.

À la fin de sa longue expérience créative, interrogé par la célèbre critique d’art Carla Lonzi, Fontana affirme non sans satisfaction : « Il y a trente ans, on pouvait parler de futur, comme alors aujourd’hui non plus nous ne pouvons pas dire ce que sera le futur (…), cependant durant mes quarante ans d’activité, je vois qu’il y a bien eu un futur. »

Par cette expression apparemment aussi ambiguë que contradictoire, l’artiste faisait allusion à l’idée d’un renouvellement conceptuel de l’art qu’avec son œuvre, y ayant cru fortement, il avait anticipé, et qui s’était effectivement révélée au cours de ces années-là dans l’art des protagonistes des dernières générations (de Piero Manzoni à l’Arte Povera et à l’art conceptuel). L’idée d’un futur, que Fontana hérite du Futurisme, est celle d’un art finalement affranchi des catégories traditionnelles de la peinture et de la sculpture, toujours plus en tant qu’acte.

La société imaginée par l’artiste au cours des années quarante et cinquante comme le modèle d’un monde futur dominé par les conquêtes de l’espace, semble, elle aussi, avoir atteint, du moins pour partie, son but avec l’arrivée des premiers astronautes dans le cosmos au cours des années soixante.

Au moyen de son art, l’artiste s’estimait alors satisfait d’avoir eu l’intuition des éternelles contradictions entre le matériel et l’immatériel, d’avoir travaillé sur l’idée d’infini, prévoyant qu’un jour l’être humain y rencontrerait son destin.

L’exposition, dont le commissariat scientifique est assuré par Paolo Campiglio et Benoît Decron, se fonde sur le concept d’intuition du futur dans l’œuvre de Lucio Fontana, du renouvellement du statut de l’art, pour présenter un parcours singulier centré sur l’idée des oppositions dialectiques entre le matériel et l’immatériel, sur le concept d’utopie supposant un rapport contradictoire, d’attraction et de répulsion, vis-à-vis de la réalité concrète. Sculptures, œuvres sur toile et sur papier, environnements, plus de quatre-vingt œuvres seront réunies

L’exposition prend en compte le thème du futur selon trois axes principaux du parcours de Fontana, étroitement liés : Matière-Lumière-Couleur (nature et figure, anti nature et anti figure), espace actif (Environnements et Teatrini) et Utopie (Concetti Spaziali et Fine di Dio). .

La Fondazione Lucio Fontana, Milan, nous a assuré de son partenariat par des prêts importants et rares et a accompagné le suivi scientifique de l’exposition. Les partenaires principaux de l’exposition sont le Centre Pompidou – Musée national d’art moderne (27 œuvres accordées en prêt) et Tornabuoni Arte possédant une solide connaissance de l’œuvre de Lucio Fontana (galeries à Milan, Paris…). Nous avons par ailleurs obtenu des prêts du musée des Abattoirs de Toulouse, du musée de Grenoble, et du musée d’art contemporain de Lyon. D’autres prêts proviennent d’institutions et de fondations en France, en Italie, en Suisse : museo del Novecento, Milan, Biella, museo del Novecento, Florence, Galerie d’art moderne et contemporain, Turin…

Des collectionneurs privés nous ont confié leurs œuvres, notamment des céramiques réalisées à Albisola

Le catalogue de l’exposition (240 pages) bilingue, français et anglais. Sous la direction du professeur Paolo Campiglio. Editions Gallimard.

Le musée Soulages bénéficie : du concours exeptionnel de notre partenaire BAUME & MERCIER pour la restitution à l’identique de l’Ambiente de la IXe Triennale de Milan de 1951.

Avec le partenariat :

Centre Pompidou – Musée national d’art moderne. » site du musée Soulages

https://musee-soulages-rodez.fr/expositions/lucio-fontana-au-musee-soulages/

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 A Giroussens

exposition Jean-François Fouilhoux au Centre Céramique contemporaine

Jean-François Fouilhoux ( né en 1947) est un des grands céramistes  français de l’expressionnisme abstrait. Il est le maitre du céladon qu’il a porté à un niveau de qualité, d’inventivité et de modernité jamais atteint auparavant. Il est sculpteur céramiste en céladon et crée des formes qui se déploient dans l’espace et la lumière inspirées de l’eau, des vagues, du vent ou de la calligraphie. La relation de Fouilhoux avec la matière, le geste et la lumière apparente sa recherche aux peintres abstraits tels que Pierre Soulages. La fidélité à une seule couleur, le noir pour Soulages, le céladon pour Fouilhoux, même si le céladon est plus qu’une couleur, renforce cette analogie. Mais il faut bien préciser que la recherche du céramiste n’est pas une application des principes de  la peinture, elle résulte  de la compréhension de la matière et de l’intimité avec elle. L’émail se révèle à la lumière, il émet lui-même de la lumière et surtout par son rapport torturé avec les formes,  il dialogue, caresse ou se bat avec l’argile qu’il habille.

Le centre de céramique contemporaine de Giroussens consacre à Jean-François Fouilhoux une exposition monographique dans les deux salles, tout l’été. C’est une occasion exceptionnelle de découvrir ou redécouvrir son œuvre. Il expose régulièrement dans les plus grandes galeries de céramique. Il est un des céramistes français connus à l’étranger. Mais cette année, c’est à Giroussens, à proximité, dans un centre associatif qu’il est présenté. Une exposition à ne pas manquer.

La collection de Bassinet consacre une étagère aux bols de Fouilhoux et présente une vague, forme qu’il a beaucoup travaillée et qui marque une étape essentielle du passage du contenant à la sculpture

 

vue générale de l’exposition Jean-François Fouilhoux à Girousens dans la grande salle

 

 

texte de présentation par Jean-François Fouilhoux

L’insondable couleur…

La trace du pinceau laissée sur le papier du calligraphe est l’énergie de son geste et l’expression de sa sensibilité. Il s’agit d’un signe qui s’adresse aux sens, d’un graphisme qui stimule l’imaginaire du spectateur. C’est aussi une
trace de vie…

Le céladon appelle un langage plastique spécifique. Sa translucidité, sa suavité, la qualité de ses reflets, sa façon de jouer avec les reliefs, sont autant d’éléments de ce langage. Pour l’exprimer, j’ai développé un style d’écriture dans la terre en inventant un outil particulier et sa technique de mise en œuvre.

C’est une sorte de lame flexible, que je ploie à volonté.

Je la déplace à l’intérieur d’une masse d’argile, comme un trait dont les courbes changent pendant son trajet, qui trace une séparation dans le volume de terre.

A ce moment la forme est composée de deux éléments séparés par un léger espace.

Ces deux formes obtenues sont emboîtées, on pourrait dire que chacune est le moule ou l’empreinte de l’autre, avec cet espace que Marcel Duchamp définissait comme infra-mince.

Mais elles sont nées du même geste, en même temps. Elles sont la trace d’un mouvement : le déplacement de la lame flexible; et finalement c’est cette trace qui m’intéresse.

Trace d’énergie, de tension, comme le calligraphe j’ai pensé le geste avant de le dessiner énergiquement dans l’argile. Une sorte de danse, de rituel, où le mouvement est ample, dynamique, sans remords, dans l’impulsion.

Je sacrifie l’une des deux parties, la terre est molle et je la détruis pour la retirer.

Son absence laisse apparaître le témoignage du geste : sa trace en trois dimensions.

Chaque forme est donc une sorte de graphe d’argile, un signe animé de l’énergie de son dessin.

Jean-François Fouilhoux

le lien avec le communiqué de presse

https://www.centre-ceramique-giroussens.com/wp-content/uploads/2024/06/DP-Fouilhoux-2.pdf